Actualisation d’écriture

C’est la rentrée et je n’ai pas pondu d’articles depuis avril, parce qu’il n’y avait pas grand chose à dire jusqu’ici. 
Sauf que….

À la fin de l’été, je me suis lancée un challenge d’écriture, avec pour ambition de tenir entre mes mains le manuscrit d’un ouvrage scientifique. Tout ça à la fin de l’automne. Je suis en train d’écrire un livre sur l’appropriation patrimoniale. Et bon sang, c’est dur.

Parmi les projets qui m’assaillent, celui-ci revient en permanence me titiller. 

Ça me prend la tête, ça m’oblige à revenir sans cesse sur ce que je crois avoir compris, à lire, relire, annoter, confronter des idées, déplacer des concepts, en abandonner certains pour mieux les reprendre ailleurs. Des fois, j’ai cette sensation de me planter ; j’ai du mal à trouver les mots pour expliquer des notions qui sont claires dans mon esprit. Or, à quoi ça sert de capter un truc si on n’arrive pas à le manifester sur papier ? Je fais des schémas compliqués en pensant que ça m’aide, et je conçois finalement des labyrinthes qui me perdent ; mon fil d’Ariane ne me sert pas du tout et m’éloigne de ce que je crois être la lumière. 

Pffff. 

Surtout, ça me demande de retrouver une discipline intellectuelle que j’ai un peu perdue après la rédaction de ma thèse. Celle qui consiste à s’asseoir, même quand on n’en a pas envie, et à rester des heures avec une idée jusqu’à réussir à comprendre ce qu’on veut vraiment en faire.

Parfois, je me demande pourquoi je me suis lancée là-dedans.

Et puis je me rappelle que je travaille sur l’appropriation patrimoniale depuis des années. Et je sais, surtout, que j’ai encore énormément de choses à dire dessus.

Des choses à penser, à préciser, à contredire peut-être. Des intuitions que je traîne avec moi depuis ma thèse et que je n’ai jamais complètement développées. Des liens que je commence seulement à entrevoir. Des questions auxquelles je n’ai pas encore de réponse.

Je m’acharne et c’est probablement ça qui me pousse à continuer : la sensation très nette que je n’ai pas fini de penser ce sujet.

Alors j’écris. Lentement parfois, difficilement souvent. Je râle beaucoup. Je me demande régulièrement pourquoi je m’inflige ça. J’essaie de convoquer les dieux de l’écriture et ils n’entendent pas mes prières. Parfois, j’explique mon propos à table face à des yeux écarquillés et des « on comprend rien » polis (merci quand même les copains). 

Mais au fond, je sais exactement pourquoi. Parce que ce livre, j’ai besoin de l’écrire. Et que si je ne le fais pas, quelqu’un l’écrira à ma place ; ou pire, personne ne dira peut-être jamais rien dessus. 

J’ai eu une période de plusieurs mois où je n’ai pas beaucoup lu. En ce moment, je lis American Dirt de Jeanine Cummins (2020) ; le livre porte sur Lydia, une mère, libraire mexicaine qui tente de mettre son fils en sécurité et à l’abri d’un cartel d’Acapulco. Une véritable pépite, un cocktail d’émotions humaines détaillées. J’apprécie beaucoup ma lecture, je m’y retrouve, je compatis.

En allant me renseigner sur la page Wikipédia de J. Cummins (je fais ça très souvent), j’ai lu que son roman avait subi une vague de haine ; l’autrice a été accusée d’appropriation culturelle* * *, notamment par Myriam Gurba, activiste et écrivaine. Encore une histoire qui me fait frissonner et qui me pousse à m’exprimer à ce sujet ; pour comprendre réellement ce qu’est l’appropriation culturelle et en finir avec ces débats sans fondement, et malhonnêtes intellectuellement. 

Affaire à suivre… 

P.S. : Ce site fête ses trois ans ce mois-ci. Ça me rend très heureuse de savoir qu’il existe encore. 

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